ETC Group
Communiqué de presse
28 août 2009
www.etcgroup.org
sciences-fictions : le 1er septembre, la royal society de Londres rendra public un rapport majeur sur la géoingénierie;
pour etc group, il faut interdire les essais grandeur nature
La Royal Society, la plus ancienne académie des sciences du monde, s’apprête à rendre public, le 1er septembre 2009 à Londres, un rapport longtemps attendu sur la géoingénierie. On s’attend à ce que le document préparé par des experts, pour la plupart, des partisans enthousiastes de la géoingénierie, contienne des recommandations pour que les pouvoirs publics soutiennent la poursuite des recherches voire des essais grandeur nature de nouvelles technologies controversées permettant la manipulation délibérée du climat terrestre pour atténuer les effets du changement climatique.
Pour Diana Bronson, chercheure auprès de ETC Group, organisme de surveillance internationale des technologies, « la géoingénierie est une malheureuse idée; les échappées de Lord Rees vers le futur risquent bien de devenir un véritable mémoire», dit-elle, faisant allusion à l’ouvrage publié en 2004 par le Président de la Royal Society, « Notre dernier siècle », selon lequel l’humanité ne verrait pas la fin du XXIème siècle.
Qui dit géoingénierie dit, par exemple, injecter du soufre dans la stratosphère ou améliorer la réflectivité des nuages pour dévier les rayons du soleil loin de la terre, fertiliser les océans à l’aide de nano-particules de fer dans l’espoir d’augmenter leur capacité d’absorption du carbone ou encore modifier de manière intentionnelle les schémas climatiques mondiaux.
« La Royal Society a beau jeu d’adopter une attitude de prudence. Mais, en réalité, s’agissant de géoingénierie, une lumière orange peut rapidement passer au vert. Pour influer sur le climat, toute manipulation de ce type devra être massive. Ainsi les particules de soufre ou les nuages « réfléchissants » devront dévier un volume énorme de rayons solaires; quant à la fertilisation des océans, il faudra qu’elle couvre d’immenses étendues d’eau. Les modèles informatiques les plus précis ne peuvent prédire les effets d’une expérience d’envergure réalisée en plein air », prévient Mme Bronson. « Si les pouvoirs publics s’imaginent qu’il existe une solution technique au dilemme posé par le changement climatique, solution qui leur permettrait de tirer leur épingle du jeu lors des négociations de Copenhague sur le changement climatique, ils vont gaspiller temps et argent, tous deux ressources précieuses, sur des chimères nées de la science-fiction, fermer les yeux sur leur impact potentiellement dévastateur et détourner l’attention de la nécessité urgente de réduire les émissions de carbone à la source. »
Le nouveau rapport spécial d’ETC, « The Emperor’s New Climate: Geoengineering as 21st century fairytale », remet en question le discours du lobby des géoingénieurs pour faire avancer leur cause. « Contrairement à ce qu’ils prétendent, cette aventure n’est qu’une coûteuse perte de temps, » affirme Mme Bronson. Ce document invite à une discussion internationale de grande envergure et s’achève sur un constat : « toute expérience grandeur nature n’est rien moins que de la géopiraterie; elle devrait donc être tout bonnement interdite ».
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Pour plus d’information :
Diana Bronson (Montréal, Canada) diana@etcgroup.org
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