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Déclaration: Réfléchissons avant d'agir!

Title:
Type:
News Item
Date:
12/09/2009
Language:
French
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RÉFLÉCHISSONS AVANT D’AGIR

LA SOCIÉTÉ CIVILE APPELLE À UNE

ÉVALUATION DES TECHNOLOGIES

DANS LE CADRE DE TOUTE ENTENTE À COPENHAGUE

Le transfert de technologies constitue l’un des quatre principaux sujets qui seront discutĂ©s Ă  Copenhague dans le cadre des nĂ©gociations sur les actions de coopĂ©ration Ă  long terme (les trois autres Ă©tant l’attĂ©nuation, l’adaptation et le financement).  Le texte de nĂ©gociation intergouvernemental qui fait l’objet de discussions envisage diverses mesures visant Ă  accĂ©lĂ©rer la diffusion des technologies. Il donnera vraisemblablement lieu Ă  un « plan d’action », ainsi qu’à la mise sur pied d’un « organe vouĂ© aux technologies » et de divers groupes techniques spĂ©ciaux ou centres d’innovation qui, dans les annĂ©es qui viennent, influeront sur les dĂ©cisions relatives aux technologies qui obtiendront un soutien financier et politique. Il nous faut nous assurer que les bonnes technologies obtiennent le soutien dont elles ont besoin et que les mauvaises soient Ă©cartĂ©es, ce qui ne pourra se faire sans le recours Ă  un processus exhaustif d’évaluation sociale et environnementale.


Nous, groupes de la société civile et mouvements sociaux de partout dans le monde, comprenons le besoin urgent d’apporter des solutions réelles et durables au changement climatique. Nous sommes conscients des conséquences funestes auxquelles nous nous exposons toutes et tous si ce type de solution n’est pas privilégié. Il nous faut de toute urgence renforcer notre résilience pour pouvoir relever le défi du changement climatique, tout en réduisant de façon draconienne nos émissions de gaz à effet de serre.

 

Certains individus, entreprises et gouvernements mĂŞmes entretiennent un sentiment de panique et d’impuissance dans le but de faire accepter des technologies non testĂ©es et non Ă©prouvĂ©es, en prĂ©tendant qu’elles reprĂ©sentent « la seule solution Â». Or nous ne souhaitons pas voir prolifĂ©rer des technologies qui n’ont pas encore fait leurs preuves et dont les consĂ©quences sur les plans Ă©cologique et social n’ont pas fait l’objet d’une Ă©valuation adĂ©quate. Ainsi, certaines technologies qui sont vantĂ©es pour leur capacitĂ© Ă  stocker le carbone ou Ă  manipuler les systèmes naturels pourraient avoir des consĂ©quences Ă©cologiques ou sociales dĂ©sastreuses. Des technologies qui pourraient ĂŞtre bĂ©nĂ©fiques dans certains contextes risquent d’être prĂ©judiciables dans d’autres.

 

Dans bien des cas, les actions Ă  entreprendre pour remĂ©dier au changement climatique sont dĂ©jĂ  Ă  notre portĂ©e : plutĂ´t que de recourir Ă  de nouvelles technologies hautement complexes, il faudrait prendre des dĂ©cisions rĂ©flĂ©chies et mettre en Ĺ“uvre des politiques publiques visant Ă  rĂ©duire notre empreinte Ă©cologique. Par exemple, de nombreux paysans et populations autochtones possèdent des technologies endogènes efficaces qui les aident dĂ©jĂ  Ă  attĂ©nuer les impacts du changement climatique. Il serait insensĂ© de nĂ©gliger ces pratiques dĂ©jĂ  existantes au profit de nouvelles technologies brevetĂ©es imposĂ©es de l’extĂ©rieur.

 

Les technologies jugĂ©es sans danger sur les plans environnemental et social doivent ĂŞtre librement Ă©changĂ©es, sans que les règles rĂ©gissant la propriĂ©tĂ© intellectuelle y fassent obstacle. Mais certaines technologies qui sont prĂ©sentĂ©es comme Ă©tant « respectueuses de l’environnement Â» ont des impacts sociaux et environnementaux prĂ©visibles et nĂ©fastes. Par exemple :

  • L’énergie nuclĂ©aire comporte des dangers connus pour l’environnement et la santĂ©, sans compter que son exploitation risque fortement de favoriser la prolifĂ©ration des armes nuclĂ©aires.
  • La plantation de rĂ©coltes et d’arbres pour la bioĂ©nergie et la production de biocarburants risque d’entraĂ®ner un dĂ©placement Ă  grande Ă©chelle de communautĂ©s agricoles et de populations autochtones, ainsi que la destruction d’écosystèmes Ă  haute densitĂ© en carbone, accĂ©lĂ©rant du mĂŞme coup le changement climatique.
  • Les pratiques agricoles impliquant l’utilisation de cultures et d’arbres gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, l’usage de produits agrochimiques et de fertilisants synthĂ©tiques, les monocultures Ă  grande Ă©chelle et l’élevage industriel prĂ©sentent des dangers pour le climat, la santĂ© humaine et la biodiversitĂ©.

 

Les interventions technologiques délibérées à grande échelle dans l’atmosphère, les océans et l’environnement terrestre (géoingénierie) risquent de déstabiliser encore davantage le système climatique et d’avoir des conséquences dévastatrices sur des pays situés très loin de ceux qui prendront ces décisions.

  • La fertilisation des ocĂ©ans pourrait perturber les Ă©cosystèmes marins ainsi que la chaĂ®ne alimentaire.
  • L’injection de sulfates dans la stratosphère risque de causer d’importantes sĂ©cheresses dans les zones Ă©quatoriales, de donner lieu Ă  des rĂ©coltes dĂ©ficitaires et d’entraĂ®ner une aggravation de la famine.
  • Le biochar n’a pas fait ses preuves en ce qui a trait au stockage du carbone ou Ă  l’amĂ©lioration des sols, mais bĂ©nĂ©ficie d’une promotion Ă©nergique de la part de certains intĂ©rĂŞts commerciaux.

 

À Copenhague, un nouvel organe international responsable des technologies liées au climat sera probablement mis sur pied, et des fonds lui seront alloués. Mais jusqu’ici, les textes de négociation n’ont fait aucune mention de la nécessité, pour ce nouvel organe, d’assurer l’évaluation des impacts socioéconomiques et environnementaux de ces technologies (qui sont fréquemment transfrontalières) ou de tenir compte des points de vue des populations susceptibles d’être touchées, notamment les femmes, les peuples autochtones, les paysans, les pêcheurs et autres.

 

Le principe de prĂ©caution exige que les technologies fassent l’objet d’une minutieuse Ă©valuation avant, et non pas après, que les gouvernements et les organes intergouvernementaux commencent Ă  financer leur dĂ©veloppement et Ă  favoriser leur dĂ©ploiement un peu partout dans le monde. Il existe dĂ©jĂ  un prĂ©cĂ©dent en droit international : le Protocole de Carthagène sur la prĂ©vention des risques biotechnologiques, ratifiĂ© par 157 pays, s’est donnĂ© ce principe pour assise en ce qui a trait aux organismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s. La mise en place de programmes nationaux et internationaux de consultation publique, prĂ©voyant la participation des populations qui sont directement touchĂ©es, est essentielle. Les gens doivent avoir la possibilitĂ© de dĂ©cider quelles technologies ils veulent et de rejeter les technologies qui ne sont ni respectueuses de l’environnement, ni Ă©quitables sur le plan social.

 

Nous exigeons par conséquent qu’une approche claire et cohérente soit adoptée à l’échelle internationale pour toutes les nouvelles solutions technologiques proposées au changement climatique : les États qui participeront à la conférence COP 15 doivent faire en sorte que des mécanismes de précaution rigoureux pour l’évaluation des technologies soient institués et rendus juridiquement contraignants, pour que les risques et les impacts probables, ainsi que le bien-fondé de ces nouvelles technologies, soient évalués de façon adéquate et démocratique préalablement à leur déploiement. De plus, tout nouvel organe voué à l’évaluation et au transfert des technologies devra assurer en son sein une représentation équitable des deux sexes et des différentes régions, en plus de favoriser la consultation et la participation pleines et entières des paysans, des peuples autochtones et des communautés locales susceptibles d’être touchées.

 

Pour ajouter la signature de votre organisation, envoyez un courriel Ă  Francesca@etcgroup.org en indiquant « RĂ©flĂ©chissons avant d’agir Â» dans le champ objet.

Signatories as of December 20, 2009: 203 Organizations, 40 Countries

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