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Lettre ouverte au Climate Response Fund et au Comité organisateur scientifique

Title:
Type:
News Item
Date:
03/22/2010
Language:
French
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Dr. Margaret Leinen, 

Climate Response Fund

71 Stevenson Street, Suite 400

San Francisco, CA 94105


Dr. Michael MacCracken,

Chef du comité organisateur scientifique

Climate Institute

900 17th Street, NW, Suite

Washington, DC 20006 

 

Objet : ConfĂ©rence internationale d’Asilomar sur les technologies de modification du climat 22-26 mars 2010

 

En tant qu’organismes de la sociĂ©tĂ© civile et que mouvements sociaux cherchant Ă  trouver des solutions constructives pour contrer les changements climatiques, nous dĂ©sirons exprimer notre profonde inquiĂ©tude face Ă  la rencontre organisĂ©e de façon privĂ©e  sur la gĂ©oingĂ©nierie qui se dĂ©roulera prochainement Ă  Asilomar, Californie. Son objectif dĂ©clarĂ©, qui est d’« Ă©laborer un ensemble de directives volontaires ou de meilleures pratiques permettant de procĂ©der Ă  des recherches et Ă  des essais, de la façon la moins prĂ©judiciable et risquĂ©e possible, sur les modifications du climat et les technologies en matière de gĂ©oingĂ©nierie proposĂ©es Â», nous engage trop rapidement dans une mauvaise voie, et ce, sans prĂ©voir aucune limite de vitesse.

 

La gĂ©oingĂ©nierie englobe diverses manipulations technologiques Ă  grande Ă©chelle du climat et des systèmes connexes, rĂ©alisĂ©es au moyen de techniques comme l’injection d’aĂ©rosols Ă  base de sulfates dans l’atmosphère, la fertilisation des ocĂ©ans et le blanchissement des nuages. Or Ă  l’heure actuelle, la prioritĂ© ne devrait pas consister Ă  dĂ©terminer les conditions dans lesquelles ces expĂ©rimentations devraient avoir lieu, mais plutĂ´t Ă  savoir si la communautĂ© des nations et des peuples considère la gĂ©oingĂ©nierie comme une avenue acceptable sur les plans technique, juridique, social, environnemental et Ă©conomique.

 

En l’absence d’un consensus international affirmant que la gĂ©oingĂ©nierie reprĂ©sente une intervention acceptable sur les systèmes naturels, le dĂ©bat du ComitĂ© organisateur scientifique du Climate Response Fund Ă  propos des « directives volontaires Â» est dĂ©nuĂ© de sens. Les organisateurs de la confĂ©rence – des scientifiques qui sont presque exclusivement des hommes blancs issus des pays industrialisĂ©s – croient possĂ©der l’expĂ©rience, la sagesse et la lĂ©gitimitĂ© nĂ©cessaires pour dĂ©terminer qui devrait ou ne devrait pas ĂŞtre conviĂ© Ă  cette conversation.

 

Il existe de nombreux scĂ©narios oĂą des expĂ©rimentations en gĂ©oingĂ©nierie ayant des impacts transfrontaliers constitueraient une violation de certains traitĂ©s (la Convention sur la modification de l’environnement de 1978 et la « Convention ENMOD Â», entre autres). L’établissement de « directives volontaires Â» par un groupe non officiel se rĂ©unissant Ă  Asilomar pourrait contrevenir aux lois locales, nationales ou internationales et compromettre les stratĂ©gies d’attĂ©nuation et d’adaptation. De plus, on a pu constater dans le passĂ© que les directives volontaires ne sont tout simplement pas respectĂ©es par les grandes entreprises. Non seulement les scientifiques qui prennent part Ă  ce processus donneront leur bĂ©nĂ©diction Ă  des technologies de gĂ©oingĂ©nierie dangereuses, mais ils ne possèdent aucune autoritĂ© pour forcer les entreprises ou les gouvernements Ă  les adopter.

 

L’enjeu des expérimentations à grande échelle en géoingénierie et de leurs impacts ne relève pas d’un examen technique des pairs. C’est une question de droits et de responsabilité, et c’est l’avenir de la planète qui est en jeu. Le débat public doit, au minimum, inclure les populations et les pays qui sont les plus vulnérables et susceptibles d’être affectés par la géoingénierie, et non pas seulement ceux qui en tireront des avantages. Une telle discussion ne peut avoir lieu sans la participation de tous les membres de l’Organisation des Nations Unies. En l’absence d’un tel débat, l’établissement de directives pour la recherche et les essais en géoingénierie est tout simplement prématuré et irresponsable.

 

Clairement, le manque de transparence et les conflits d’intĂ©rĂŞts qui caractĂ©risent l’organisation de la confĂ©rence suscitent de sĂ©rieuses interrogations et amènent Ă  se demander qui prend les dĂ©cisions et quels intĂ©rĂŞts sont servis. Dans les quelques documents qui ont Ă©tĂ© publiĂ©s jusqu’ici[1], il est indiquĂ© que les donateurs (dont le nom n’est pas mentionnĂ©), le Climate Response Fund et le Climate Institute n’ont « aucun intĂ©rĂŞt financier dans les aspects particuliers des technologies ou dans les directives Ă©tablies Â». Cependant, ces organisations se sont publiquement dites ouvertes Ă  accepter les propositions et l’argent du secteur privĂ©, y compris le soutien d’entreprises de combustibles fossiles et de fabricants d’automobiles. Enfin, malgrĂ© le fait qu’une liste des bailleurs de fonds ainsi que des prĂ©cisions Ă  propos de la confĂ©rence avaient Ă©tĂ© promises pour le 1er janvier 2010, aucun de ces noms n’a encore Ă©tĂ© rendu public.

 

Il est essentiel que le débat international sur la géoingénierie ne soit pas laissé entre les mains de ceux qui sont susceptibles de tirer profit de la facilitation et de la mise en œuvre de ces technologies. Cette question nous concerne tous et doit être débattue au grand jour, avec la participation de tous.

 

Ce n’est certainement pas à cela qu’on assistera en mars à Asilomar.

 

SignĂ© par :

 

Accion ecologica, Ecuador

African Biodiversity Network, Kenya

Asia Pacific Research Network, Philippines

Association Citoyenne pour le Suivi l'Etude et l'Information sur les Programmes d'Intervention Climatiques et Atmosphériques (ACSEIPICA), France

Battle Creek Alliance, USA

Biofuelwatch, UK-USA

Canadians for Action on Climate Change, Canada

Center for Food Safety, USA

Centro ecologico, Brazil

Centre for a World in Balance, International

CESTA- Friends of the Earth, El Salvador

Citizens Against Chemicals Pollution (CACP), Japan

Climate SOS, USA

Coastal Development Partnership, Bangladesh

Cooperativa por un Ambiente Biodiverso y Sustentable, CAMBIOS, S.C. de R.L., Mexico

Council of Canadians (London), Canada

Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN), International

Diaz Renteria, Mexico

Ecological Society of the Philippines, Philippines

Enviro Show, USA

Environmental Voices, USA

ETC Group, International

Farmers Forum-South Cotabato, Kalimudan Culture &Arts Center-Mindanao, Philippines

Focus on the Global South, India, Philippines, Thailand

Friends of the Earth, Australia

Friends of the Earth, USA

Gaia Foundation, UK

Geoengineeringwatch, USA

Global Exchange, USA

Global Forest Coalition, International

Global Justice Ecology Project, USA

Green Delaware, USA

Grupo de ReflexiĂłn Rural, Argentina

Humboldt Bay Stewards, USA

Indigenous Environmental Network, USA

Institute for Social Ecology, USA

International Center for Technology Assessment, USA

International Forum on Globalization, USA

International Institute of Concern for Public Health

Island Sustainability Alliance, Cook Islands

ISIS International, International

Making Change, USA

Marinduque Council for Environmental Concerns, Philippines

Massachusetts Coalition for Healthy Communities, USA

Massachusetts Forest Watch, USA

Nadi Ghati Morcha, India 

Native Forest Council, USA

NGO Publishing, USA

NOAH, Friends of the Earth Denmark

Oilwatch, International

Pacific Indigenous Peoples Environment Coalition, Aotearoa/New Zealand

Philippine Rural Reconstruction Movement

Polaris Institute, Canada

People’s Movement on Climate Change, Philippines

Physicians for Social Responsibility-Kenya

Public Interest Law Foundation, Sri Lanka

Red por una América Latina Libre de Transgénicos, Latin America

Saronic News, Greece

SEARICE, Philippines

Seeds Action Network, Germany

Sewalanka Foundation, Sri Lanka

Sibuyan Island Sentinels League for Environment Inc. (Sibuyan ISLE), Philippines

Sol Communications, USA

Sustainable Energy and Economy Network, USA

SmartMeme, USA

Tropical Nursery, South Africa

Texas Climate Emergency Campaign, USA

Third World Network, International

Uganda Coalition on Sustainable Development, Uganda

Winnemem Wintu Tribe, USA

Women's Action for Change (WAC), Fiji

Women and Media Collective, Sri Lanka

 

Pour signer cette lettre (organisations seulement), veuillez faire parvenir un courrier électronique au signon@etcgroup.org comportant le nom complet de votre organisation, le pays et la personne-ressource.

 


[1] Voir la lettre de Michael MacCracken adressée au Groupe de géoingénierie Google, à http://grouos.google.com/group/geoengineering/browse_thread/thread/a5731....

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