Ne trahissez pas l’Afrique !

Les Organisations de la Société Civile exhortent les gouvernements africains à ne pas trahir l’Afrique sur les sujets liés à la biologique synthétique et au forcage génétique.
20 Novembre 2018

En tant que représentant.es d’un large éventail d’organisations de la société civile africaine, nous ne nous sentons pas bien représenté.es par les délégations du Nigéria et de l’Afrique du Sud, qui parlent au nom du Groupe Africain, proclamant représenter la population africaine sur la question de la biologie de synthèse (synbio) et des organismes issus du forçage génétique (GDO).

Tout au long de l'histoire de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques, les délégués africains ont été les champions de la défense de notre biodiversité, la protection de nos semences, les pratiques agroécologiques et la culture autochtones. Ils ont toujours préconisé la nécessité d'une approche de précaution.

Dans le passé, les délégués africains ont fermement défendu nos écosystèmes contre plusieurs menaces, notamment dans le dossier des technologies Terminator (semences conçues pour être stériles).

Nous sommes maintenant alarmé.es par ce qui se passe à la COP-14 et par la façon dont nos préoccupations pour l'environnement, la biodiversité et les communautés sont ignorées et menacées par certaines délégations africaines. Plus particulièrement car elles ne représentent pas nos préoccupations quant au forçage génétique et à la biologie synthétique (synbio).

La plupart des pays africains sont encore aux prises avec les menaces du génie génétique de première génération (OGM) et les pesticides qui y sont associés, ils n’ont certainement pas l’expérience ni la capacité de mettre en place une réglementation de base pour limiter les risques associés aux technologies génétiques de première génération, et encore moins pour ceux liés à biologie synthéthique et aux organismes issus du forcage génétique.

Le forçage génétique mis en avant par Target Malaria, visant à disséminer des moustiques issus du forçage génétique au Burkina Faso, est une technologie délibérément invasive conçue pour propager une trace/bagage génétique dans l’ensemble d’une population entière – pouvant potentiellement anéantir des espèces entières. En tant qu’Africain.es, nous sommes obligé.es de faire face à cette nouvelle et grave menace pour notre santé, notre territoire, notre biodiversité, nos droits et notre approvisionnement en nourriture.

Les délégations des gouvernements africains semblent avoir été neutralisées. Elles sont tombés de leur piedestal pour atterir sur l’autel des multinationales, des géants de la génétique et des fondations privées.
La position du groupe africain à la CDB appui servilement la position de ces groupes d’intérêt.

En tant qu’Africain.es, nous ne souhaitons pas être des rats de laboratoire pour les expériences de Target Malaria. Nous refusons d'être les cobayes de leurs techniques de perturbation de nos systèmes alimentaires et de notre écologie.


Nous appelons les Africain.es et tous les autres délégué.es à mettre un frein à cette technologie d’extermination massive. Nous rejetons toute forme de représentation allant à l'encontre de l'intérêt de nos peuples et de la biodiversité. Nous appelons les gouvernements africains à rappeler leurs délégués à l'ordre et à éviter d'accepter la perpétration de crimes intergénérationnels.

Signé par les organisations au verso:

-Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique.
- La Via Campesina Africa
- Amis de la Terre Afrique
- Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN)
- CCAE Collectif Citoyen pour L’Agroecologie
- Fahamu Afrique
- Forum des petits agriculteurs d'Afrique orientale et australe (ESAFF)
- Comparer et soutenir le développement endogène (COMPAS Africa)
- Association ouest africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA)
- Plate-forme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC)
- Convergences Régionales Terre-eau et Autres Ressources Aturelles
- Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d'Afrique de l'Ouest (ROPPA).
- Terre à Terre, Burkina Faso
- Communauté des Conseils et Eglises Chrétiens en Afrique de l'Ouest (FECCIWA)
- Centre africain pour la biodiversité
- Inades-Formation
- Comité de coordination des peuples autochtones d'Afrique (IPACC)
- Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE International)
- Institut de recherches et de / Afrique
- La Coalition des organisations de la société civile africaine sur la Banque africaine de développement
- Fondation Santé de la Terre Mère
- Comité sur les ressources environnementales vitales, Nigéria
- Le jeune réseau environnemental, Nigéria
- et Initiative d'autonomisation des communautés (GECOME) Nigeria.
- Initiative pour la réduction des risques liés au genre et à l'environnement (GERI), Nigéria.
- Initiative sur le changement climatique et l'amélioration (ECCAI), Nigéria
- Initiative pour le soin des perles (PCI), Nigéria
- Initiative de prise de conscience de l'intégration (ICI) .Nigeria
- Association pour la gestion participative écologique des sols (PELUM)
- Assemblée des femmes rurales
Alliance Rurale pour un Environnement Vert (RAGE), Nigeria
- Initiative de sensibilisation à Bio Interrity dans les aliments naturels, Nigéria
- Initiative pour la paix, l'autonomisation et la tolérance, Nigéria
- Initiative pour la conscience de l'intégrité (ICI), Nigéria
- Réseau Eco-Defenders, Nigeria
- Réseau Alliance verte (GAN) au Nigeria
- Défenseurs de l'environnement rural (U-RED) Nigeria

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